Mon appart, c’est ma maison. C’est mon nid depuis que je suis maman. Mon abri anti-atomique quand on m’agresse. Ma grotte quand les éléments se déchainent. Quatre murs et trois vies qui ont poussé au milieu : mes deux filles et moi pendant près de dix ans. Puis un jour, Chouchou est arrivé et nous nous vîmes quatre. On s’est serrés un peu au début mais on l’a fait. Quatre murs et mon toit, jamais eu envie d’en changer. Parfois j’ai poussé des meubles, parfois j’ai monté des cloisons. Une fois j’ai carrément fait un trou dans le mur entre mon appart et celui d’à côté. Différentes stratégies mais toujours le même objectif : faire en sorte que mon habitat match avec ma vie.

Quatre murs, deux chambres, deux enfants

J’ai longtemps vécu seule avec mes deux filles dans un appartement de trois pièces et de 70m2. C’était génial et c’était même trop court. Les premières années, j’occupais une chambre et mes filles se partageaient l’autre. L’ainée a dormi quelques mois sur une mezzanine jusqu’à ce qu’elle en saute en pleine nuit et en plein rêve de toboggan… Douze heures plus tard, la mezzanine était définitivement retournée à son état primitif : le kit. A partir de ce jour et pendant quelques années, mes filles ont eu leur lit côte à côte, juste séparés par un chevet et leur petit bazar respectif. L’une s’endormait en suçant son doudou, l’autre déchiquetait des langes en coton avec ses dents.

Un jour la grande (8 ans) a commencé à trouver “relou” de partager sa chambre avec un bébé (5 ans) et comme le canapé-lit dans le salon ne m’apparaissait pas comme une option, j’ai étudié d’autres pistes. Quatre murs et un toit mais plusieurs possibilités pour les faire évoluer.

De l’intérêt de cloisonner

Dans les années 90, j’ai essentiellement travaillé dans la promotion immobilière à Menton. A cette époque là, beaucoup d’italiens investissaient dans une résidence secondaire sur la Côte d’Azur et en particulier à Menton. Tous ou presque voulaient un 2 Pièces et tous ou presque le transformaient de la même façon :

  • suppression de la cuisine indépendante prévue dans le plan d’origine pour en faire une chambre
  • aménagement d’un “coin cuisine” dans le séjour.
  • suppression de la baignoire pour la remplacer par une douche et un bidet.

Je ne suis pas allée chercher plus loin et j’ai simplement adapté cette méthode chez moi (à l’exception des modifications dans la salle de bains) :

  • Ouverture de la cuisine sur le séjour,
  • Pose d’une cloison dans une partie du séjour pour création d’un “coin nuit”
  • Et installation d’une porte coulissante pour l’accès.

Evidemment, avoir une toute petite chambre implique avoir de tous petits meubles. Voire pas de meubles du tout… J’avais donc juste une étagère au dessus mon lit pour mes bouquins et un placard sur mesure pour mes fringues.

La notion d’optimisation d’espace

Nos quêtes improvisées de mètres carrés et d’espace aboutissent parfois à de maigres résultats. C’est à dire que trop souvent, on se contente d’appliquer sans réfléchir des méthodes plus ou moins éprouvées chez les autres mais qui n’ont aucun intérêt chez nous… Et je sais de quoi je parle puisque c’est précisément ce que j’ai fait lorsque j’ai crée mon coin nuit. Désormais, j’ai compris que l’espace utile n’est pas toujours là où on le croit.

J’ai découvert le concept d’optimisation d’espace le jour où j’ai rencontré Maïlys Dorn. Maïlys est architecte d’intérieur et elle a mis au point une méthode infaillible pour “optimiser” les espaces dans lesquels nous vivons. L’idée c’est que pour se sentir bien chez soi, il ne suffit pas toujours d’avoir des mètres carrés en plus. En fait, en matière d’aménagement aussi, on va souvent chercher bien loin ce qu’on a à portée de main. Pour comprendre le concept et mon enthousiasme, go sur le site Optimise Mon Espace.

Apprendre à bien casser les murs

Deux ans après l’arrivée de Chouchou dans ma vie et dans mon appartement, nous avons eu l’opportunité de réunir mon 3 pièces au studio voisin. Ce qu’il faut savoir quand on se lance dans ce genre de projet, c’est que les difficultés à résoudre ne sont pas uniquement techniques.

Le règlement de copropriété

Pas la peine de commencer à taper sur le mur en vous collant l’oreille dessus pour savoir s’il est porteur ou non : A ce stade de la réflexion, c’est prématuré. D’autant qu’entre deux appartements, les murs sont presque toujours des murs béton. La première chose à faire c’est lire le règlement de copropriété pour savoir ce qui est prévu à ce sujet. Le plus souvent, la réunion de deux lots est autorisée sauf quand elle ne l’est pas… Et notamment :

  • quand elle est contraire à la destination de l’immeuble,
  • ou quand il y a un risque d’atteinte aux droits des autres copropriétaires

Alors avant de faire réaliser des devis par des copains entrepreneurs, mieux vaut savoir exactement où on met les pieds.

Le constat d’huissier

Autre chose à faire avant de donner le moindre petit coup de marteau : un constat d’huissier. L’intérêt de ce constat est de faire un état des lieux de votre appartement, de celui de tous vos voisins (au dessus, en dessous et à côté) et des parties communes, avant le démarrage des travaux afin qu’on ne vous reproche pas des dégâts qui ne vous seraient pas imputables.

L’avis d’un ingénieur béton

Créer une ouverture dans un mur béton n’est pas anodin.

  1. Sur le plan juridique, ce mur est une partie commune ce qui signifie qu’il ne vous appartient pas personnellement mais qu’il appartient à la copropriété. Il faudra donc informer les autres copropriétaires de votre projet, les rassurer sur la façon dont vous comptez le réaliser et obtenir leur autorisation.
  2. Sur le plan technique, les murs en béton d’un immeuble sont souvent porteurs. Ils assurent la solidité du bâtiment. La création d’une ouverture dans un mur porteur est donc susceptible de fragiliser le bâtiment et elle ne doit pas se faire sans l’avis préalable d’un ingénieur béton. D’une part, il étudiera la faisabilité technique du projet et d’autre part, il donnera des préconisations qui serviront à l’établissement d’un devis de travaux.

Et plus généralement :

  • Pensez à prévenir vos voisins que vous allez faire du bruit… et de la poussière,
  • Pensez aussi à prévenir votre assureur que la surface de votre logement va changer afin qu’il modifie votre multirisque habitation,
  • Demandez aux artisans qui vont faire les travaux de vous fournir leurs attestations d’assurance et notamment Responsabilité Civile et Garantie Décennale
  • Le cas échéant, n’oubliez pas non plus le diagnostic amiante avant démolition.

Donc voilà, il y a quelques années, j’ai fait tout ça. On a vécu deux mois dans un chantier, on a bouffé des kilos de poussière et on a gagné 30m2. Mais au final, j’ai compris une chose importante : j’ai exactement le même problème avec mon appartement qu’avec mon sac à main…

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