Ne lisez pas cet article si vous vivez mal votre reconfinement ou si vous avez le bourdon, parce que moi, pour le coup, je vais bien…  Le truc, c’est qu’entre deux confinements, on a eu pile-poil le temps de faire l’achat le plus génial de notre vie : Une maison à la montagne. En toute logique, c’est là que nous allons passer tout notre reconfinement. Et c’est là aussi que j’écrirai les prochains articles, entourée d’arbres, de petits oiseaux, d’araignées et d’une probable souris planquée quelque part dans les murs du salon.

Les années d’errance

Ça faisait longtemps que j’avais envie d’une petite maison à la montagne. Elle était rangée dans un coin de ma tête. Un peu comme ces idéaux vers lesquels on tend sans jamais les atteindre. Chouchou, lui, n’y avait jamais songé avant de me rencontrer. Quand on s’est connus, douze ans plus tôt, ses rêves étaient faits de sable chaud, d’eau salée, de tongs (et d’un verre de rosé avec des glaçons). Il a évolué lentement, au fil des hivers et des week-end à la montagne dans la maison de mes parents. Puis, quelques étés consécutifs ont définitivement enfoncé le clou :

  • un voyage en Suède,
  • deux en Norvège,
  • une canicule interminable
  • et la location, chaque mois d’août pendant quatre ans, de la même maison dans l’arrière pays niçois.

En septembre 2017, Chouchou qui commençait à préférer le vert de la montagne au bleu de la mer, a de lui même évoqué le concept de résidence secondaire… Cet automne là, chaque dimanche ou presque, on quadrillait l’arrière pays niçois. Objectif : débusquer le terrain idéal. Parce qu’à cette époque, c’était ça le rêve de Chouchou : un terrain avec une vue dégagée, pour y faire construire une maison “facile à chauffer et à entretenir” (Chouchou est ingénieur en bâtiment…). Moi, plus bucolique que pragmatique, j’en voulais une avec du charme, de l’authenticité et des imperfections…

On a commencé par définir un secteur : le village où on louait chaque été et un rayon de dix kilomètres autour. Quatre fois, on a cru avoir trouvé notre bonheur.

Le non viabilisé

Le premier terrain qui nous a fait tourner la tête cochait toutes les cases :

  • situation dominante,
  • vue magnifique
  • et prix intéressant .

Le soir même, Chouchou traçait des plans sur la comète et sur le papier. Il m’avait même demandé si j’étais “plutôt carrelage ou parquet”… Un truc pourtant le chiffonnait : le coût des raccordements aux réseaux (électricité, téléphone, eau…). Tout le monde ne le sait pas mais un terrain constructible n’est pas nécessairement un terrain viabilisé (Plus de détails sur ces deux notions dans cet article). Après enquête et calcul de Chouchou, il s’est avéré que les travaux de raccordement aux différents réseaux coûtaient environ une fois et demie le prix du terrain… Une paille. Bref, au suivant.

Le mal loti

Toujours dans le secteur qui nous plaisait, ce second terrain était vendu par le plus gros propriétaire foncier du coin. Chouchou était très enthousiaste (Chouchou est toujours très enthousiaste) :

  • situation dominante,
  • jolie vue après avoir fait tomber quelques arbres
  • prix : “faire offre”…

Moi, j’étais nettement moins emballée :

  • proximité d’une école,
  • terrain en pente
  • construction inachevée et procédure en cours sur la parcelle mitoyenne à gauche
  • incertitude quant au devenir de la parcelle non bâtie à droite : Et si on se retrouvait avec des voisins mous du genou, un chantier dégueulasse pendant dix ans et un mobil-home sous le nez ?

Malgré tout, Chouchou a tenu à aller jusque dans les Vosges en voiture pour rencontrer un constructeur de maisons en bois… C’était loin et c’était long mais pas complètement inutile puisque ça nous a permis d’approcher le coût de revient d’une maison “clé en mains” et donc de faire une offre.

Jusque là, j’avais plus ou moins fait canard comme on dit. Les techniques de travaux, le coût de construction, tout ça, c’est pas ma came. En revanche, s’agissant de la valorisation de la parcelle, j’étais catégorique sur plusieurs points :

  • terrain à forte déclivité
  • environnement direct pas génial
  • incertitude sur le voisinage
  • et en revanche, certitude d’absence de plus-value à la revente

L’offre que nous avons faite a été refusée par le propriétaire et j’ai convaincu Chouchou de ne pas en refaire une plus élevée.

L’indivis

Le troisième terrain était parfait et pile dans le village qui nous plaisait. L’agent immobilier qui l’avait à la vente était serein, très sûr de son estimation et de sa relation avec les vendeurs… En fait, ce n’est qu’au moment où il leur a transmis notre offre que cette enclume a appris que le terrain appartenait à une indivision et qu’il manquait deux signatures sur son mandat…

L’indécis

Chouchou s’énerve rarement mais là, il en a eu marre et a voulu prendre les choses en mains. Il s’est pointé au cadastre, a gentiment demandé les coordonnées des propriétaires de plusieurs parcelles qui l’intéressaient et a écrit à chacun d’eux. Quelques jours plus tard, l’un des propriétaires l’a appelé et lui a confirmé qu’il était vendeur son terrain. Le dimanche qui a suivi : go ! Les propriétaires n’étaient pas sur place mais pas besoin d’eux pour accéder. Je m’assois dans l’herbe. Chouchou prend douze mille côtes. Le soir, il rentre tous ces chiffres dans un tableau Excel de quinze colonnes. Le lendemain, il appelle les propriétaires pour leur transmettre une offre :

En fait, on a changé d’avis : on n’est plus sûrs de vouloir vendre

Comment le confinement nous a fait voir plus loin

Elargir le type de biens

Un jour, c’est moi qui en ai eu marre. J’ai suggéré à Chouchou de rajouter “maisons” à sa liste d’alertes sur les sites d’annonces immobilières. Bilan : on s’est tapé des centaines de kilomètres supplémentaires pour visiter des baraques plus pourries les unes que les autres et à des prix délirants. Oui parce que c’est un peu le principe  de la résidence secondaire : elle est toujours éloignée de la résidence principale.

Elargir la zone

J’ai eu ensuite une autre idée géniale : Puisque nous ne trouvions rien dans la zone que nous avions définie, on n’avait qu’à changer de secteur. Peut-être qu’ailleurs l’herbe serait plus verte. Et moins chère aussi…

Pour remettre les choses dans leur contexte, quand j’ai évoqué cette hypothèse, on était en plein confinement. A ce moment là, on n’imaginait pas du tout que quelques mois plus tard il y aurait un reconfinement. Mais même sans ça, l’envie d’une résidence secondaire avait déjà muté en besoin, voire en nécessité absolue. J’en étais arrivée au point où faire deux cent bornes tous les week end pour voir un arbre, ne me dérangeait plus.

C’est comme ça que dès notre premier week end déconfiné, nous avons parcouru 150km pour voir une maison dans un secteur où nous n’avions jamais rien visité jusque là.

Je vous la fais courte :

  • accès étroit, à sens unique et dangereux (en un mot, merdique)
  • terrain pentu
  • maison sombre, humide, désuète (moche, quoi)
  • prix : sans intérêt compte tenu de tout ce qui précède.

Bref, encore loupé.

Comment le reconfinement se présente bien

Encore une après j’arrête

Après cette dernière visite, j’avais commencé à me dire que ce serait peut être plus facile de renoncer plutôt que d’être encore déçu. On sortait de deux mois de confinement, personne ne parlait de reconfinement et dans quelques semaines on allait louer la même maison que chaque été. Au final, pourquoi s’entêter ? Bref, je n’étais pas du tout réceptive.

La première fois que j’ai vu la maison en photos, j’ai pas aimé. J’ai trouvé qu’elle ressemblait à un petit chalet comme dans les marchés de Noël (à l’époque où il y avait encore des marchés de Noël…). J’ai du dire un truc du genre : “Tu ne veux pas aller voir cette baraque ?!!”. Et Chouchou a dû me répondre quelque chose comme : “Encore une et après j’arrête” …

Du rêve au projet

Je ne pensais pas que ça m’arriverait et encore moins que ça nous arriverait à tous les deux, au même moment et au même endroit. Mais c’est pourtant ce qui s’est passé : un coup de foudre, une certitude, une révélation, une évidence

Après tout s’est enchainé assez vite :

Il nous a fallu trois ans pour trouver la maison de nos rêves mais quatre mois seulement pour réaliser notre projet.

Aujourd’hui, je ne vais pas dire que je me réjouis d’être confinée parce que comme beaucoup, cette situation me pèse. Et c’est d’ailleurs très physique comme sensation : ce reconfinement pèse lourd sur nos épaules et notre moral. Il oblige à des efforts permanents pour rester souriant, droit et peut être même pour se lever. Mais j’avoue que grâce à Chouchou, on a la chance de vivre un reconfinement qui n’en a pas l’air.

Pour finir, je crois que le plus important dans tout ça, ce n’est pas juste l’achat d’une résidence secondaire. Le plus important, c’est la réalisation d’un projet qui nous tenait à coeur. Et je me dis que ce qui nous a donné l’énergie de passer à l’acte, c’est sans doute le premier confinement. Cette expérience inédite de l’arrêt soudain de tout, ou presque.

Alors, je ne sais pas à quoi ressemble votre rêve mais je vous souhaite de ne pas le perdre de vue. Je vous souhaite même de ne penser qu’à lui pendant les prochaines semaines et de tout faire pour le réaliser avant le prochain reconfinement…

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2 Comments

  • Babi dit :

    Trop mimi tous les deux. On vous imagine très bien là-haut avec un re-confinement qui va ressembler à une pause au cœur de la nature.
    Je ne pensais pas que votre projet avait connu autant d’embuches. Un achat n’est jamais simple, construction ou rénovation, mais quand on trouve la bonne maison, on le sait de suite. Je l’ai toujours ressenti comme ça pour ma part à chaque fois. Idem pour un local commercial. Et c’est souvent quand on est au bout du rouleau et qu’on a envie de lâcher l’affaire à force de voir des merdes et d’avoir des merdes, que l’on tombe sur le bon local ou la bonne maison.
    Bonne chance pour la suite et continuez à partager un peu de votre bonheur et bonne humeur, ça ne peut pas faire de mal, voir même nous faire du bien.

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