J’aime assez quand les gens me disent qu’ils ne connaissent rien à l’immobilier. D’abord, parce qu’à une époque où trois tutos sur YouTube font office de diplôme, c’est plutôt rassurant de voir que certains ont encore conscience de leurs limites. Ensuite, parce que j’aime assez me sentir utile (c’est bon pour mon égo). Enfin, parce qu’un projet immobilier, ça n’est pas rien : ça se prépare, ça se planifie et avec un pro, c’est souvent mieux. A quel moment faut-il vendre ? Quand et comment peut-on racheter ? Et quand la vente et l’achat doivent s’enchaîner, comment ne pas stresser (pas trop du moins) ?

INSPIRATION, EXPIRATION, EVALUATION

Comment ne pas stresser ? En évitant l’état d’urgence

Que l’envie de changement ait muri gentiment dans un coin de notre tête ou qu’elle nous soit tombée dessus un beau matin, c’est idem : dans les deux cas il va falloir apprendre la frustration. En immobilier, on ne vend pas et on ne rachète pas non plus sur un claquement de doigts. Sauf si on a le c** bordé de nouilles.

Avant de faire un gâteau au yaourt, on check la liste des ingrédients. Avant d’attaquer une séance de sport, on s’échauffe. Alors pourquoi, quand on envisage de vendre son appartement pour en racheter un autre, on commencerait par visiter à toutes berzingues ?

“C’est juste pour se faire une idée de ce qu’on pourrait avoir…”

Mauvaise réponse. Imaginez un peu qu’à la première visite on tombe pile poil sur le truc qui nous fait chavirer le coeur… Comment ne pas stresser quand, en une minute, tout devient urgent :

  • faire une offre acceptable,
  • espérer que les vendeurs seront d’accord pour mettre la vente de notre appart en condition suspensive (peu de chance, vu qu’ils ont souvent un projet eux aussi…)
  • et s’ils ne sont pas ok (très probable), vendre notre appartement à sa juste valeur et en un temps record.

Bref, vous le sentez venir le coup de stress ?

Comment ne pas stresser ? En commençant par le commencement

Certains vous diront qu’il ne faut pas laisser filer l’affaire de votre vie et que la chance ne passe pas deux fois. Moi je vous dirais que si ça doit vous coller un ulcère et des insomnies, mieux vaut y réfléchir un peu. Comment ne pas stresser quand on fait une offre sur un bien alors qu’on n’a pas encore pris le temps de mette à plat la question de son financement ? 

J’ouvre une petite parenthèse ici parce que je réalise que tout le monde n’est pas anxieux.. Peut-être même que certains se demandent de quoi je parle.

“Bah quoi ? On s’en fout de faire une offre puisqu’on a un délai pour se rétracter”.

En effet… Sauf que c’est quand même pas super cool comme attitude. C’est pas parce qu’on a un droit qu’il faut en abuser. Je referme la parenthèse…

La première chose à connaître c’est la valeur du bien qu’on envisage de vendre. Et inutile de passer des plombes à faire sa petite enquête sur SeLoger : on ne détermine pas le prix de vente d’un bien en se référant uniquement au stock. Pourquoi ? Parce que stock, ça veut dire l’ensemble des invendus… Donc, ça peut donner une idée de la taille de la louche mais ce ne sera pas très probant. Le plus simple est d’appeler la bonne copine qui a toujours les coordonnées des meilleurs professionnels de la ville (meilleur ostéo, meilleur coiffeur, meilleur plombier…) pour lui demander le nom du meilleur agent immobilier…

Quand l’agent vient , l’idéal est de lui donner deux ou trois documents à se mettre sous la dent : le titre de propriété, le mesurage Carrez, le dernier appel de fonds de charges, le dernier PV d’assemblée générale aussi… Et si vous ne savez plus où vous avez bien pu mettre toute cette foutue paperasse, vous pouvez toujours :

  • demander des copies à votre notaire
  • vous connecter à votre espace copropriétaire sur le site de votre syndic et y retrouver votre bonheur.

Il faut tout de même que je vous prévienne parce que c’est une constante : on est toujours un peu (beaucoup) déçu par la valeur déterminée par un professionnel. Mais comme je le disais hier à une amie Expert en Evaluation Immobilière : on est aussi objectif avec son appartement, qu’on l’est avec ses enfants…

Le banquier ou le courtier de la copine ?

Au choix ! Sur cette question du financement, je me garderais bien d’être aussi vindicative que sur d’autres parce que je connais mes limites moi aussi.  Le job d’un courtier, c’est de vous trouver le meilleur taux aux meilleures conditions et certains sont très doués. Mais il se peut que votre banquier fasse aussi bien. Le challenge pour des néophytes (comme moi) sera alors de décortiquer toutes les subtilités de l’offre et ne pas se contenter de regarder uniquement le montant de la mensualité… C’est un sujet sur lequel je reviendrai un de ces jours…

COMMENT NE PAS STRESSER ?

En prenant son temps ! Ça a l’air idiot mais c’est exactement ça. Ce qui est stressant en réalité, ce n’est pas tant de vendre un appartement ou même d’en acheter un autre. Ce qui nous met la rate au court bouillon c’est de devoir prendre une décision dans l’urgence. C’est le manque de temps qui nous stresse. Et c’est ce même manque de temps qui fait que parfois on se trompe.

Du calme avant l’offensive

A part dans l’hypothèse où on a le c** bordé de nouilles, il y a peu de chance pour que la vente d’un appartement coïncide pile poil avec l’achat d’un nouveau. Je n’ai pas dit que ça n’arrivait jamais mais juste que ça n’était pas la norme. La sagesse selon moi (et Conficius si on le lui demandait), c’est d’attendre qu’un compromis soit signé sur notre bien, avant de basculer en mode recherche active … (au moment où j’écris ces mot, je repense à cette scène : “Je choisis la solution offensive” 😂…).

Une fois le compromis signé, si tout se passe dans un délai raisonnable, on peut espérer que trois ou quatre mois plus tard, la vente sera réalisée. On a donc à peu près quatre mois pour :

  • visiter,
  • trouver la perle rare,
  • revisiter,
  • faire une offre,
  • signer un compromis,
  • mettre en place un crédit,
  • faire l’ultime visite
  • et signer une vente.

Alors, plutôt que de croiser les doigts en espérant un miracle, pourquoi ne pas se familiariser dès le début avec une idée toute simple et qui pourrait diviser par dix notre stress : le passage par une période de location. 

Tester le quartier

Souvent quand on a un projet de vente et de rachat derrière, on a aussi une idée précise sur le quartier dans lequel on se projette mais dans lequel on n’a pas forcément vécu. Du coup, ça peut être très instructif de commencer une immersion dans ledit quartier, mais en tant que locataire : ça passe ou ça casse comme on dit… Et si ça passe, on pourra même être plus précis dans notre cahier des charges.

De deux maux

Qui dit insérer une période de location entre une vente et un rachat, dit également insérer un déménagement de plus… En résumé, c’est un peu comme si je vous proposais d’échanger des brulures d’estomac persistantes contre un lumbago de quelques jours. Mais en vrai ça s’étudie non ? D’autant que les effets du stress ne s’arrêtent pas là et que dans la précipitation, on peut :

  • être contraint de vendre notre bien en dessous de sa valeur,
  • bâcler nos recherches,
  • et aussi acheter trop cher.

Alors au final, comment ne pas stresser quand on veut vendre puis racheter dans la foulée ? Ma réponse, c’est louer. Pour moi (qui suis de nature anxieuse je le concède…) il n’y a pas de meilleur moyen pour prendre son temps avant de s’engager sur un rachat. Si on était copains, ou copines, vous et moi, c’est exactement ce que je vous conseillerais. Mais si vous avez une meilleure idée… GO en commentaires !

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